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Serge Charchoune

Serge Charchoune (1888–1975) Artiste profondément indépendant, Serge Charchoune développe très tôt un langage pictural personnel, nourri par sa nature slave, son goût radical pour la liberté et son refus constant de toute concession. Solitaire, secret et silencieux, il se consacre entièrement à son œuvre, conçue comme un véritable sacerdoce. Marqué dès l’enfance par les paysages de la Volga, la musique et la poésie, il établit un lien organique entre nature, son et peinture. Incapable de créer avec préméditation, il revendique un « primitivisme naturel » qui structure une œuvre bâtie par étapes successives, mais d’une grande cohérence. Après la découverte des avant-gardes à Moscou, Charchoune s’installe à Paris en 1912, fréquente l’académie cubiste La Palette, puis découvre le pré-dadaïsme à Barcelone avant de rejoindre le mouvement Dada à Montparnasse en 1919. Une influence puriste passagère précède l’affirmation de sa propre voie, notamment à travers des séries majeures telles que Les Paysages élastiques et L’Impressionnisme ornemental. À partir des années 1930, une dimension mystique s’impose dans son travail, dans un contexte de grande précarité. Installé cité Falguière en 1942, il est exposé après-guerre par la galerie Raymond Creuze, qui accompagne durablement son parcours. Dès 1956, la musique devient l’unique support de sa création. Les grandes œuvres du répertoire classique nourrissent une peinture de plus en plus épurée, faite de camaïeux, de monochromies et de variations blanches, traversées de signes et d’ondulations évoquant les liens entre l’eau et la musique. Ni abstraite ni narrative, sa peinture se déploie comme une expérience sensible et méditative. Admiré par nombre de ses contemporains mais longtemps méconnu du public, Charchoune a poursuivi jusqu’au bout une œuvre exigeante, fidèle à sa quête d’une harmonie picturale entre nature, musique et matière.

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